C’est les boules… De noël !

Bonjour à tous et Joyeux Noël !

J’ai décidé d’arrêter de vous demander de me pardonner pour ce blog en semi-jachère. Gérard est en vacances mais il m’a quand même laissé quelques consignes et après quelques semaines de délicieuse procrastination bloguesque, voilà enfin des nouvelles de DDU !

Les évènements marquants des dernières semaines sont :

Nouvelles périmées du mois de Novembre

R0 est arrivé !

Ah ben non en fait… R0 n’est pas arrivé. Après être resté des jours coincé dans les glaces l’Astrolabe à du faire demi-tour à 250.km de la base. Les passagers ont tout de même pu être débarqués à DDU par hélico, certains après plus d’un mois passé sur l’Astrolabe à faire des mots fléchés…

Et pendant ce temps là sur la banquise… Beuuââ


Prix de la plus belle banquise

Décerné cette année à nous, les hivernants de la 61, qui avons tellement bien entretenu notre banquise qu’elle ne veut plus nous quitter. Ceux qui en ont le temps peuvent donc encore profiter de la glace de mer pour des balades à rallonge. « Tiens si on allait voir les phoques ».

Pendant que l’Astro fait des ronds dans l’eau, les icebergs fondent au soleil sonnant un bucolique flic-floc que l’on avait oublié.


Nouvelles plus nouvelles

R1 est arrivé !

Ah ben… pas complètement non plus en fait. Ce n’est pas la banquise qui débâcle mais bien l’Astrolabe qui ne peut toujours pas s’approcher de la base et se mettre à quai. Les déchargements de matériel se font par hélico, du moins pour ce qui n’est pas trop lourd, et pour le reste… on verra bien. Le bateau câline notre banquise préférée à 7km de la base, un petit point rouge sur notre horizon, une tâche ou une pustule dans notre paysage vous diront certains. En attendant les vrombissements de l’oiseau à moteur sont incessants… ou presque… voir nouvelle suivante.

Des oiseaux qui ne volent pas, un truc qui vole avec un moteur mais qui n’est pas un oiseau, un bateau avec un moteur mais qui ne vole pas et n’avance pas tout court.


DDU envahit par la foule

Et c’est désormais près de 80 personnes qui vivent, mangent, prennent leur douche et ronflent à DDU. Autant dire qu’après un hivernage à 27 on se sent un peu à l’étroit. Sans parler du mal de crâne de fin de repas. Trop de bruit, trop de monde, des nouvelles têtes partout, des prénoms à apprendre, des vaisselles et ménage à rallonge lorsqu’on est de service base. Bref la campagne d’été est véritablement lancée, il faut s’y faire !


Flocons de Noël

A noël il est censé neiger, il parait. De jolis petits flocons tout doux qui tombent mollement sur le macadam luisant et dansent en silence dans la lumière des réverbères. Pas des méga-tonnes de poudreuse déversé par tonneau de 50L au centimètre carré… Non pas ça…

Vous allez me dire que je suis en Antarctique, la neige c’est pas extraordinaire par ici, et en plus de quoi elle se plaint celle-là, la neige c’est super top cool joli et tout et tout… En plus on peut faire des bonhommes de neige, trop le pied.

Ah oui mais non, on s’est mal compris… L’Antarctique c’est sec en été, il neigeouille bien un peu, mais pas CA ! Et la neige toute joli toute mignonne… pas TOUTEs LA les JOURNEEs.

Et vous savez pourquoi je râle ? Voir nouvelle suivante.

Piafs en déroute, ornithos qui piaffent

La plupart des oiseaux sont arrivés en retard cette année, je vous l’ai dis dans l’article de novembre. Ce retard est déjà un handicap car le timing ici est très serré si l’on veut élevé un poussin dans de bonnes conditions.

Bon, quelqu'un a vu Germaine ?

Pas de bol, les œufs à peine pondus, ce sont des kilos-tonnes de neige qui se sont déversés sur les nids et leur occupants. Peu d’oiseaux sont venus se reproduire, pour des raisons que l’on ne peut qu’imaginer : mauvaise conditions de glaces, déplacements des zones d’alimentation, mauvaises année pour les proies, épidémie de leucémie chez les crevettes Antarctiques, migration des poulpes vers une planète où les être à 8 bras sont reconnus à leur juste valeur, grève des poissons pour protester contre l’humidité constante et la précarité grandissante de leur habitat… Bref tout est possible.

Toujours est-il que sur les peu nombreux oiseaux qui se sont tout de même motivés pour assurer leur descendance, beaucoup sont repartis à peine quelques jours après avoir pondu puis vu leur œufs noyés ou complètement englacés. La faute à la neige…

Une telle quantité de neige à cette période cruciale de la reproduction entraîne une grosse perte en œuf. En effet, quelque soit l’espèce, qu’elle niche à l’abri des cailloux ou sur un nid ouvert, une fois la neige déposée elle va fondre et créer des mares dans les nids mal drainés. On a vu des skuas regardés leur œufs au fond d’une flaques, des Pétrels des neiges abandonner leur œufs englacés dans leur nid (la neige à fondu puis l’eau à gelé pendant une nuit fraîche), des manchots dont seul un bout du bec dépassent de la neige, des océanites emprisonnés dans leur nid par de la neige durcie.

Les Océanites de Wilson sont les plus petits oiseaux nicheurs à DDU, un peu plus gros qu’une hirondelle. Si petits qu’ils se laissent facilement piéger par la neige.


Pas facile de couver un œuf dans ces conditions !


Et pendant ce temps là les ornithos ne peuvent rien faire d’autre qu’observer et déprimer pour tous ces looseurs de piafs. Quand les nids sont enneigés nous ne pouvons pas y toucher, sans quoi nous risquons détruire la couche de neige isolante formée autour des nids et des oiseaux, faire tomber de la neige dans les nids et noyer les œufs/poussins. Si l’on fait s’envoler un skua, on a peur de voir son minuscule petit poussin à peine né s’enrhumer… Si l’on veut voir un Damier il faut d’abord prendre garde à ne pas lui marcher dessus car seul le haut de la tête dépasse de la neige.

La neige fraîche a aussi ses avantages, les pétrels des neiges en profitent pour prendre un bon bain et nettoyer la boue qui couvre leur plumage ou le crachat huileux dont ils s’aspergent lorsqu’ils se disputent les nids.

Une esquisse à peine visible de pétrel des neige, blanc sur blanc…


Les journées de beau temps (il y’en a tout de même) nous tentons de faire tout le travail que nous ne pouvons pas faire les jours de tempête et de neige.

Tout ça pour vous dire, que non, je n’ai pas plus de temps qu’avant pour vous écrire, parce que même faute de sortie de terrain on a toujours du boulot ! et paf !

Je m’arrête là pour aujourd’hui, et non, vous n’aurez pas le récit de « Noël à DDU » ou encore « j’ai eu 26 ans à DDU ».

Je termine sur cette dernière image des poussins de manchots Empereur qui terminent leur mue. Les derniers nous quittent actuellement, prenant la route de la polynie désormais proche. L’eau libre n’est qu’à 7 ou 8 km mais encore faut-il se frayer un chemin dans la neige.

Sacré look !


Ah non j’oubliais…

Non désolée, je ne peux pas me joindre à la foule, j’ai piscine… Bizarrement la piscine municipale est le dernier endroit calme aux alentours, je ne comprend vraiment pas.

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4 Responses to C’est les boules… De noël !

  1. Guillemette says:

    Mais alors avec la neige c’est les poussins qui ne retrouvent pas leur maman ?

  2. john says:

    Tu peux en faire d’autres aussi super (esquisses d’envols de pétrel des neiges sur fond de neige) ? Je te promets que j’essaie de reprendre le pinceau et d’en faire une chouette, pardon, une pétrel aquarelle !
    Bisous – JOHN
    Chapeau la baignade dans la piscine municipale !

  3. FRANCOIS Bernard says:

    Bravo l’esquisse de Petrels
    Je profite de ce message pour dire tout le plaisir que j’ai eu à suivre vos différents blogs
    Encore merci