Drame à la manchotière – Acte III

NDMAJDLB (Note du metteur à jour de le blog) : Cet article, comme le précédent est PEGI-18, petit triangle orange, à ne pas mettre entre toutes les mains, à consommer avec précaution, à ne pas regarder avant de se mettre à table… Quoique.

Résumé des épisodes précédents

Après sa naissance dans le froid glacial de l’Antarctique, le jeune Poupi a survécu à tout un tas de dangers et vécu moult péripéties. Il connu une enfance froide et ventée, encastré dans un espace vital minimum, battu par ses voisins, kidnappé à plusieurs reprises, roulé dans la neige pour être finalement jeté de la maison familiale. Au moment où Poupi allait tenter de voler de ses propres ailes (ce qui n’est pas une mince affaire pour un manchot), il s’est perdu seul dans le blizzard polaire et fut retrouvé dans un état proche du Wyoming, pour ne pas dire pire…

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Suite à cette affreuse tragédie qui me retournait littéralement l’estomac, je décidais de mener l’enquête. On ne m’avait encore visiblement pas tout dit sur les manchots Empereurs et je devais tirer cette histoire au clair. Y’aurait-il encore quelque affreuse vérité à apprendre sur la vie de nos étranges voisins bipèdes ?

N’écoutant que mon courage et mon sixième sens d’ornitho j’ai donc sorti ma loupe et mon bonnet de détective pour parcourir les environs de la manchotière à la recherches d’indices.

Très vite je retrouvais le lieu du crime, car c’en était bien un, plus de doute possible.

Rien de tel qu’un peu de couleur pour égayer nos blancs paysages.

Quelques empreintes dans la neige me donnèrent un début de piste que je me gardais bien d’évoquer avant d’en avoir confirmation. Il me fallait donc continuer à chercher. Observant sans relâche les agitations des manchots et tentant vainement de leur donner un sens je remarquais pourtant quelque chose d’inhabituel.

Ou est Charlie ?

Un manchot pas comme les autres semblait se cacher au milieu de la foule. Je le repérais facilement et senti tout de suite que celui là devait avoir quelque chose à se reprocher pour se cacher de la sorte. Hum… Louche.

Ce jour là il faisait beau et plutôt chaud, -14.7°C en fait, je me sentais capable de résister suffisamment au froid pour attendre le moment ou la bête sortirait enfin et se révèlerait au grand jour.

Un manchot avec des ailes ! Ou serait-ce un Pétrel géant Antarctique tentant de passer inaperçu ?

À ma grande surprise ce manchot n’en était pas un… C’était un autre voisin, une unité furtive  de l’escouade volante arrivée récemment sur sa base aérienne du plateau de l’île Rostand. C’était sans aucun doute un éclaireur venu repérer les lieux pour une attaque ciblée sur la manchotière. Cela ne présageait rien de bon, et j’avais d’ors et déjà l’intime conviction que cette intrusion avait quelque chose à voir avec l’histoire de Poupi.

Cependant je ne pouvais rien faire qu’observer la suite des évènements tout en évitant les gelures aux orteils. Je demandais tout de même du renfort à mes assistants détectives ornitho qui prirent en charge une partie de la surveillance.

Agents spéciaux Paddington et Troimer surveillant les manchots dans l’anonymat le plus total.


Notre persévérance et nos technique de camouflages modernes ont vite payé puisque nous avons pu surprendre un des criminel en flagrant délit.

Leur stratégie est simple. Ils survolent d’abord la manchotière en long et en large, de plus en plus bas, parfois jusqu’à raser les têtes et les becs qui claquent sans succès alors dans leur direction. C’est le premier repérage. Ensuite ils se posent près de la colonie et se rapprochent petit à petit, en sifflotant l’air de rien, attendant patiemment l’erreur fatale que finira par commettre la future victime.

Bien sûr, sous nos yeux effarés se produisit enfin l’action. Le copain de Poupi sort son bec de la colonie pour voir le monde et fait quelques pas dans la neige en secouant ses ailerons avec toute la mignonnité et l’innocence dont il est capable. Et là…

C’est le drame…


Pour ne pas vous mentir, nous avons observé plusieurs attaques et il arrive que le copain de Poupi réussisse à s’enfuir en courant et plonge dans les jupons du premier adulte venu. Il arrive même que les manchots ne se laissent pas faire et se lancent à corps perdus dans la bataille, mettant en déroute les attaquants, sauvant héroïquement leur progéniture. J’ai même vu pas plus tard qu’hier un poussin faisant face, seul, à deux de ses agresseurs, se grandissant le plus possible en allongeant son petit cou dodu et donnant des coups de becs dans le vide. Aussi dérisoire qu’ait pu paraitre cette action elle a fonctionné et les deux attaquants se sont retournés l’un contre l’autre, laissant le temps au poussin de se réfugier vers une colonne de manchots. Cependant, le plus souvent, les poussins fuient ventre à terre (parce que leur centre gravité est quand même très bas au milieu des bourrelets) et se font rattraper…

Un exemple stupéfiant d’une nouvelle technique de combat développée par les manchots de DDU, ils arrivent à faire danser les Pétrels géants par la force de leur esprit.


Je sais bien que je verse de plus en plus dans le gore et le dramatique, mais au point où nous en sommes, je me vois dans l’obligation de vous révéler la fin de l’histoire, aussi sanglante soit-elle. C’est pourtant simple.

Voilà ce qui est sans aucun doute arrivé à Poupi…


Voilà vous savez tout. L’enquête est terminée, Paddington, Troimer et moi sommes retournés à nos manchots avec la satisfaction du travail bien accomplit et une petite larmichette au coin de l’œil pour notre ami Poupi.

Maintenant, il est temps que je vous présente mes excuses pour cette série d’articles un peu rudes et emprunts d’un certain cynisme. Je ne voulais pas choquer les enfants et les âmes sensibles en vous offrant une interprétation aussi étroite et sordide de l’envers du décor à la manchotière. Cependant je me suis bien amusée et je vais enfin pouvoir passer à la scène finale.

Je vous disais au début de l’acte 1, que l’on ne vous disait pas tout sur l’Antarctique, sur les manchots. Qu’on vous ment depuis le début. C’est vrai, on nous raconte que les manchots sont des bisounours et que tout est beau et mignon. Vous avez alors cru que je tentais de rétablir la vérité avec des images choc.

Et bien c’était faux. Moi aussi je vous ai menti. Comme quoi c’est facile.

Rien de tout ça n’est vrai. Toutes les images sont truquées. Mais comme vous avez tenu jusqu’au bout malgré tout, je vais vous dévoiler le pot aux roses. La vérité c’est que ni les hormones, ni les Pétrels géants ne sont les premiers responsables de tous ces malheurs qui surviennent aux poussins d’Empereurs. Non le premier  responsable, vous le connaissez bien.

Voilà ce qui est sans aucun doute arrivé à Poupi…


A très bientôt pour du plus sérieux !

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4 Responses to Drame à la manchotière – Acte III

  1. Guillemette says:

    NON !!!!!! Je ne peux pas le CROIRE !
    Ainsi le monde est cruel, rempli de fourbes, de menteurs et de rapaces qui ne vievent que pour le pognon ?
    NOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOON !
    Puisque c’est ainsi, je vais me retirer dans un ashram bouddhiste (ou sikh)

  2. RUMEAU Jean-Claude says:

    Bonjour Sophie,
    quelle dure réalité que la nature..
    Effectivement, même avec ces belles peluches que sont les  » poupi  » il faut bien que la chaine alimentaire ne soit pas rompu. Le pétrel semble réellement cruel, face à ces petites peluches…
    Encore une fois merci pour ces belles photographies et les textes explicatifs qui vont avec.
    Merci Sophie.
    Jclaude

    PS : Une bise à Victorien. Merci encore.

  3. ceriat says:

    Voilà le premier roman policier de la manchotière vient de s’achever en apothéose. Que va-t-il encore se passer ? J’attends avec impatience les prochaines investigations de Paddington et Troimer.

  4. Marion says:

    Je ne peux pas croire que Gérard manchot soit le coupable… Il faut revoir la fin de votre histoire…. !!!
    La maman du petit beniot