Drame à la manchotière – Acte II

Avertissement : Bien que ce blog soit familial et aussi mignon qu’un chaton qui zozotte, la nature n’est pas toujours aussi conciliante. Cette mise à jour est donc à déconseiller aux âmes sensibles et aux bambins que certaines photos pourraient choquer.

Veuillez m’excuser pour l’insoutenable suspens engendré par ma flemme d’écrire un nouvel article, ou disons par le manque de temps hein… ça fait mieux. Je vous ai donc laissés en plein drame à la manchotière, et on me réclame à corps et à cris (merci d’ailleurs à vous chers lecteurs, je n’ai pas l’impression d’écrire pour personne) la suite, la suite !!! Voici donc l’acte deux de cette tragédie polaire.

Pour mieux vous préparer à la suite, je vous colle d’abord la photo d’un A-DO-RABLE petit poussin de manchot Empereur, tout doux et tout innocent.

Alors ? il est pas mignon ? Avouez…


Admettons que ce charmant bambin à plumes (oui ce sont des plumes même si on dirait une peluche poilue) s’appelle Poupi (en référence à Poupi le lapin et aussi parce que Maurice n’était pas un prénom  assez mignon pour servir mon propos).

Poupi avec son papa et sa maman qui s’aiment, c’est-y pas beau ? Tout le monde est heureux au pays de Poupi.*


* En vrai cette bien heureuse « famille » de manchots n’en est pas une, l’individu de droite à également un poussin entre les pattes, ne me demandez pas ce qu’ils font…

Poupi a déjà échappé à tout un tas d’aventures manchotesques pleines de dangers et n’aspire qu’à se reposer bien heureux et pénard entre les pattes de son parent, ou d’un autre adulte… comme vous avez pu le constater c’est assez fluctuant.

A quoi rêvent les manchots ?


Mais en fait…

Après la sieste son parent biologique ou de circonstance l’a jeté de la poche à grands coups de bec parce qu’il en avait plein le dos de cette génération Tanguy qui traine bien trop longtemps entre les pattes de ses géniteurs alors qu’elle devrait découvrir le vaste monde et gagner des sous pour payer leur retraite. Je m’égare…

Toute cette félicité, c'est presque indécent, ça ne pouvait pas durer

Poupi donc, un peu déboussolé, va partir en balade. Cependant il a plutôt mal choisi son jour pour découvrir l’Antarctique, la soufflerie polaire s’est mise en marche et le chasse-neige rend la visibilité proche du zéro.

Déjà ça commence mal… Mais quand Poupi se perd et se retrouve tout seul dans le blizzard, là ça devient vraiment la loose.

Poupi est porté disparu depuis ce jour, on ne sait pas ce qu’il est devenu ; emporté par une bourrasque de vent à 199 km/h en ce jour fatidique du 14 septembre ou nous battîmes le record de vent de l’hivernage ? Tombé dans une crevasse, n’y voyant goutte dans le white-out ? Mort de froid recroquevillé contre un glaçon en attendant que ça passe ? Mort de faim faute d’avoir retrouvé sa maman à temps ?

Pourtant, un matin j’ai retrouvé Poupi. Il n’allait pas très bien, semblait-il…


Ravagée par la tristesse et convaincue que le vent ne pouvait être le seul responsable de ces malheureux bobos qui l’ont plongé dans un profond sommeil (quel fainéant ce Poupi), j’ai décidé de mener l’enquête…

Qu’est-il donc arrivé à Poupi ?

Vous le saurez dans l’acte 3 !

niark niark niark

En prime une photo de l’évènement de la semaine :

Lui aussi il fait « niark niark niark ». Le léopard de mer est un phoque de 3 mètres de long en moyenne pour 400 kg et c’est un prédateur redoutable qui mange tout ce qui passe à sa portée. Cette fois il rôde autour de la polynie attendant les manchots inconscients un peu trop près du bord et se jeter sur la glace pour les boulotter ou simplement les cueillir lorsqu’ils se jettent à l’eau.

Serait-ce ce monstre qui a mangé Poupi ? Peu probable, car nous l’avons rencontré à 10 km de la base ou se situe désormais le bord d’une grande polynie au Nord de notre archipel.

Et oui, après une semaine de tempête à ne rien voir plus loin que le bout de nos bottes, nous avons découvert un matin, en nous brossant les dents devant la fenêtre de la salle de bain, que la mer était revenue à portée de nos gambettes.

La polynie est une zone d’eau libre au milieu des glaces dense du « pack » (pack = large zone de glace de mer dense plus ou moins désolidarisée de la banquise qui est, elle, rattachée au continent). Elle se forme sous l’action de certains vents et courants souvent aux mêmes endroits d’une année sur l’autre, ici la proximité du glacier de l’Astrolabe favorise son apparition.


Note de l’auteur : Aucun poussin de manchot empereur n’a été blessé pour permettre la rédaction de cette article. La nature parfois c’est pas comme chez les Bisounours.

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4 Responses to Drame à la manchotière – Acte II

  1. Guillemette says:

    Cette image insoutenable va me donner des cauchemars ; dans MES histoires le Poupi retrouve TOUJOURS sa maman. Ah, pourquoi Dame Nature inflige-t-elle un si cruel démenti (il est beau celui-là)aux histoires des mamans ?

  2. Guillemette says:

    jamais je n’aurais eu le coeur de la prendre en photo !
    Est-ce un pétrel qui l’a attaqué ?

  3. margue says:

    malgré ma nature sensible, j’ai lu l’acte jusqu’au bout et poupi me semble plutôt bien conservé sous forme congelée. franchement, le froid ça rend tout propre. on devrait faire ça en véto, congeler au lieu de se salir avec du sang!
    sur ce, merci pour l’histoire et bonne nuit! :)

  4. ceriat says:

    Le suspens passe d’intense à insoutenable, là. Qui a assassiné Poupi ( s’il a été assassiné ), mais qui ?
    Je me doute bien que vous n’avez pas que cela à faire que de mettre en scène des drames, même si c’est pour nous tenir en haleine. :-)