Blanc dehors

L’actualité de cette dernière semaine est le blanchissement presque total et tout soudain de notre monde déjà pas mal blanc. Et quand le ciel est blanc, c’est le white out comme ils disent. Le white out qui fait disparaitre tous les reliefs, même sous les bottes, même l’horizon, le white out qui fait flotter dans le néant blanc-gris tout ce qui ne l’est pas.

Comme il n’y a en vérité pas grand-chose à raconter sur cet évènement climatique que nous n’attendions même plus tellement nous l’attendions, je ne vais pas en faire des tartines. Tout le monde sait à quoi ressemble la neige. Je sais, vous vous dites : quand même, ils sont en Antarctique, la neige ça ne doit pas manquer. Pourtant si, ici aussi, la neige ça manque. Et quand votre banquise toute grise-marronâtre habituelle se transforme soudain en moquette immaculée d’un mètre d’épaisseur et que tout le paysage en est littéralement transformé, vous pouvez vous dire sans blaguer « la neige ça manquait », même en Antarctique.

J’ai donc récemment pu ajouter à mes activités quotidiennes quelques trucs sympas du genre : se rouler dans la neige, sauter dans les congères du haut des toits, déneiger les passerelles, se rouler dans la neige encore, se vautrer dans la neige de tout son long, tomber dans la neige, manger de la neige, faire manger de la neige aux autres, faire une sieste dans la neige, écouter la neige tomber sur sa capuche et penser à la bruine bretonne, faire de la luge dans la neige (ça glisse pas bien…), marcher en raquettes dans la neige et galérer, marcher sans raquette dans la neige et galérer encore plus, avancer à quatre pattes dans la neige faut de pouvoir marcher, nager dans la neige faute de pouvoir se déplacer autrement…

Le terrain de jeu à changé, les jeux aussi en conséquence ! Au programme : 100 mètres nage libre dans la poudreuse.


Les distances se sont démultipliées d’un coup et au lieu de 10 minutes je mets presque 20 minutes pour aller de mon bureau à la manchotière. J’y arrive dégoulinante de sueur, le souffle court et la combi à moitié trempée. Pour aller du côté du glacier prévoyez la matinée aller-retour et un bâton pour éviter les rivières et les crevasses recouvertes de neige. La poudreuse est si fine, les flocons de si minuscules paillettes, qu’il est impossible d’en faire la moindre boule de neige et que l’on s’enfonce complètement dedans à chaque pas.

Même les manchots ont du lutter les premiers jours, se regroupant en plus grandes colonnes que d’habitude pour être le moins souvent possible le premier à faire la trace dans la neige fraîche. On dirait qu’ils nagent le crawl, parfois le papillon, ils vont vite mais s’arrête très souvent pour se reposer et se relayer devant. Leur trajectoire est sinueuse comme s’ils suivaient une petite route de montagne. Le spectacle vaut le détour !

Et pour finir, un genre de scoop, un pétrel des neiges a été vu cette semaine ! La preuve en photo :

Tous les gens de passage par ici ou habitués de la montagne connaissent cette blague… Ceci dit, on a quand même vu un pétrel des neiges, et toc !


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3 Responses to Blanc dehors

  1. ceriat says:

    Accrochez-vous et ne perdez pas pieds dans ce dédale blanc.

  2. Emma says:

    Ca doit être beeaaaaaaaauuuuuuuu ….

  3. Marion says:

    C’est sfbr qu’on vit de belles journe9es en ce mnemot: poudreuse et tranquillite9 absolue.Revers de la me9daille, la station n’est pas encore ouverte. Elle ouvre dimanche 14 de9cembre.D’ici le0, c’est rando ou luge. Sime9on adore.A bientf4t,Vincent